"Le système concentrationnaire nazi est une institution stable mûrement réfléchie, fondamentalement lié à une conception du monde, à une conception raciale de l'humanité. Il fut publiquement affirmé comme un instrument normal de gouvernement."
     L'Allemagne, vaincue à la Première Guerre mondiale (1914-1918), est profondément humiliée. Elle a dû reconnaître sa responsabilité dans le déclenchement des hostilités en signant le traité de Versailles (29 juin 1919), et elle doit payer les dégats causés aux vainqueurs.
   Les Alliés occupent la rive gauche du Rhin, la Sarre est placée sous administration internationale, et le pays a perdu des territoires importants (l'Alsace-Lorraine, une grande partie de la Prusse et de la Silésie).
   L'humiliation imposée à l'Allemagne favorise le développement d'un nationalisme exacerbé et la naissance de mouvements d'extrême droite, hostiles à la toute jeune République de Weimar, proclamée le 9 novembre 1918.

     Aussi, le gouvernement semblant impuissant devant la grande crise économique qui frappe l'Allemagne dans les années 1920/1930, le peuple va se tourner vers quelqu'un qui promet de les aider et d'améliorer la vie de tous : Hitler. A cause de l'écoute du peuple, cette crise va servir de tremplin aux nazis qui designent les Juifs comme seuls responsables, et donc à aider le parti national-socialiste à se développer.
   Hitler va pouvoir mettre en place son idéologie (Mein Kampf) : c'est la montée du nazisme.
    
   

     A la base, il y a le racisme. Pour l'avenir de la nation allemande, il faut protéger l'existence et la reproduction de la "race aryenne". Il appartient au peuple allemand de dominer le monde en s'assurant d'un "espace vital" au détriment des peuples "inférieurs". Les individus, les groupes ethniques, politiques, culturels et sociaux sont classés selon une échelle de valeurs qui décident de leur destin : les êtres jugés "inférieurs", "associaux", "parasites", "irrécupérables", "indésirables" sont mis au ban de la société ou même éliminés systématiquement les uns après les autres. Ce sont d'abord les opposants politiques et les handicapés, puis les Juifs, les Tsiganes, les Slaves. Nulle part une idéologie n'a autant affirmé puis poussé à la sélection et à l'élimination de ses victimes avec autant de méthode et d'acharnement.

"Mein Kampf", citations

But défini par Hitler (ch. VIII) :

     " Ce qui est l'objet de notre lutte, c'est assurer l'existence et le développement de notre race et de notre peuple, c'est de nourrir ses enfants et de conserver la pureté du sang, la liberté et l'indépendance de la patrie, afin que notre peuple puisse mûrir pour l'accomplissement de la mission qui lui est destinée par le Créateur de l'univers."


Le projet nazi (ch. XII) :

"1. Pour gagner la masse au relèvement national, aucun sacrifice n'est trop grand (...)

2. L'éducation nationale de la masse ne peut être réalisé que par le moyen indirect du relèvement social (...)

3. La nationalisation de la masse ne peut, en aucun cas, être obtenue par des demi-mesures ou par un apostolat timide, mais par une concentration d'efforts poussés à fond, avec fanatisme (...)

4. On ne peut gagner l'âme d'un peuple que si, en même temps que l'on lutte pour atteindre son propre but, on veille à détruire tout ennemi qui cherche à y faire obstacle (...)

5. Toutes les grandes questions de notre temps sont des questions du moment (...) une cause entre toutes présente pourtant seule une importance fondamentale : celle du maintien de la race dans l'organisme social (...)

6. Tous les intérêts particuliers aux différentes conditions ou professions ne doivent en rien entraîner une séparation entre les classes (...)

7. Pour que la propagande soit efficace, il faut qu'elle s'exerce dans une seule direction (...)

8. Le moyen de réussir un mouvement de réforme politique ne sera jamais d'éclairer ou d'influencer les forces dirigeantes : ce qu'il faut, c'est conquérir la puissance politique (...)

9. Le mouvement nouveau est dans son essence et dans son organisation intime antiparlementaire (...) partout le chef est institué par le chef immédiatement supérieur.

10. Notre but n'est pas une réforme religieuse, mais une réorganisation politique de notre peuple (...) ce n'est ni fonder une monarchie, ni renforcer la république, mais établir un Etat germanique."
 

Extraits de A. Hitler, Mon Combat (Mein Kampf) , Ed. latines, Paris 1934.